Mon Festival du Nouveau Cinéma – version 2014

Montréal regorge de festivals et même si l’été est derrière nous, en aucune façon cela consiste en une raison pour rester cloîtré chez soi. Au mois d’octobre et pendant 10 jours, le Festival du Nouveau Cinéma (FNC) accueille les mordus de cinéma avec une excellente programmation. Le FNC se démarque par sa convivialité et son désir de présenter des réalités qui susciteront la discussion et les échanges. Ce festival se démarque aussi par l’intégration des nouveaux médias et des nouvelles technologies. Ça fait quelques années que j’en entends parler mais c’est dans le cadre de la 43ème édition que je suis entré dans la salle.

Le temps m’a clairement manqué et j’avais envie de tout voir. Mais voici ce que je peux partager avec vous:

Don’t think I’ve forgotten: Cambodia’s lost Rock and Roll I Catégorie: Panorama I États-Unis

De loin mon film préféré vu cette année. Comme indiqué dans le titre, l’histoire se passe au Cambodge. À travers la musique, John Pirozzi (le producteur) nous fait découvrir l’histoire de ce pays entre les années 60 et 80. L’indépendance, l’arrivée de la musique américaine et de ses boys bands, un roi qui prône et encourage les arts, la guerre du Vietnam, les Khmers rouges et une diaspora encore marquée à vif.

Défi monumental, il a fallu plus de 5 ans pour retrouver des archives, presque toutes détruites. L’histoire est extrêmement bien montée, les clips de musique insérés ici et là donnent vraiment envie de découvrir cette musique et les flashs de couleurs sur ton des années 70 sont parfaits. Tout au long du film et des interviews, je n’arrivais pas à croire que personne n’était ému. C’est finalement à la toute fin que les gens se lâchent et qu’on sent que les cinq années du régime des Khmers rouges ont été extrêmement souffrantes et traumatisantes. Il ne reste qu’à peine un tiers des artistes de cette époque encore en vie…

Xenia I Catégorie: compétition internationale I Grèce, France et Belgique

L’histoire se passe en Grèce. Dany, albanais encore adolescent, part retrouver son frère qui vit à Athènes. Il quitte sa Crète natale, son lapin blanc sous le bras un suçon à la bouche. Dany homosexuel très assumé et flamboyant; son frère presque majeure, macho qui en arrache pour payer ses comptes. Ils se retrouvent suite au décès de leur mère. Famille dysfonctionnelle et sans le sous, les garçons ont été abandonnés par leur père quand ils avaient 4 et 2 ans. En toile de fond, des blessures encore vives, ce rêve d’accéder à la citoyenneté grecque et des chansons de Patty Pravo.

Drôle et touchant, le film partait parfois dans des histoires rocambolesques un peu difficile à croire. Les délires de Dany, bien que plausibles, étaient trop souvent psychédéliques. Bref, peu importe ce qui arrive dans une vie, l’amour entre frère ne s’éteint pas.

Scheherazade’s Diary I Catégorie: Panorama I Liban

Beyrouth, une prison, des femmes, plein de femmes. Toutes là pour avoir commis des crimes ou être présumées coupables en attente d’une sentence. Le documentaire suit une dizaine de détenues qui décident de participer au projet de monter une pièce de théâtre. La pièce sera le ramassis des histoires de toutes. De leurs parcours, de leurs angoisses, du désir de sortir de prison, de leurs enfances, de leurs relations avec leurs maris et des confidences livrées au journal intime. Zeina Daccache, documentariste et thérapeute, leur offre ce projet comme moyen de thérapie.

Certaines plus attachantes que d’autres, elles ont toutes un parcours semé d’embuches. Souvent, le problème* c’est le mari, le frère ou le père. Violent, inadéquat et j’en passe. Entrevoient-elles un futur? Unanimement, celles qui répondent confirment que non… Troublant mais surtout percutant, ce documentaire a gagné un prix dans le cadre du festival du film international de Dubaï. Ce qui m’a le plus marqué? Leurs angoisses à l’idée de se demander si leurs enfants vont venir les voir mais surtout, à savoir s’ils se souviendront d’elles…

 *Au Liban, aucune loi ne protège les femmes contre la violence domestique.

 

Le FNC en chiffres:

2 mordus de films qui créent le festival en 1971;

11 programmateurs;

+10 grandes catégories;

+200 documentaires, longs et courts métrages;

20 évènements.

 

FNC, à l’année prochaine et surtout, ne change pas!

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